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Tangossimo Admin.

Nombre de messages: 156 Localisation: Paris Date d'inscription: 16/12/2004
 | Sujet: Revue de presse. Lun 19 Sep - 21:25 | |
| Le tango dans la presse  . Si vous voyez un article sur le tango ou l'argentine, vous pouvez, vous aussi faire un copié-collé MERCIPour lire toutes les NEWS cliquez ICI ou sur "voir les commentaires" Pour copié collé ou répondre, cliquez suz sur "postez un commentaire" _________________ Le tango est une infinité de possible. Léopold Maréchal
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Nombre de messages: 156 Localisation: Paris Date d'inscription: 16/12/2004
 | Sujet: Saisir l'attente du tango. Libé 12 Septembre 2005 Lun 19 Sep - 21:31 | |
| Pedro Lombardi, photographe uruguayen installé à Paris, publie un recueil sur la danse phare de son pays: «Saisir l'attente du tango»Par Marie-Hélène MARTIN lundi 12 septembre 2005 (Liberation - 06:00) Invitation au tango Ed. du collectionneur. 144 pp., 35 €. CD chez Wagram Electronic, 20 €. Né en Uruguay, Pedro Lombardi, 38 ans, est photographe, musicien à ses heures, et amateur de tango, qu'il a commencé à photographier en 1998. Son père, scientifique, a perdu sa chaire à l'université de Montevideo durant la dictature. La famille s'est installée en France. Ana Karina Lombardi, comédienne, signe les textes d'Invitation au tango, ayant suivi son frère à Montevideo et de l'autre côté du Río de La Plata. Ses notes émaillent ce recueil de photographies. Un CD conçu comme accompagnement musical, est aussi disponible. Comment le tango est-il arrivé dans votre vie ?En visite chez mes parents, un jour, je tombe sur une cassette du film Sur (le Sud, 1988) de Fernando Solanas. Astor Piazzolla jouait, Roberto Goyeneche chantait, j'ai éclaté en sanglots. Ça parlait d'exil, de retour vers le Sud. J'avais la trentaine. J'ai commencé à lire sur le sujet et me suis aperçu que je connaissais toutes les paroles par coeur, que tous ces tangos, je les avais entendus chez ma grand-mère. C'était comme un retour à mon enfance en Uruguay, à un passé enfoui. Dans la poésie du tango, tous les thèmes font appel à la nostalgie, à la mère, à la femme qu'on a perdue. Le genre est né de mélanges d'immigrations qui ont constitué deux pays, l'Argentine et l'Uruguay. Depuis Paris, j'étais remué en écoutant cette musique devenue presque universelle. Ça ne m'aurait pas touché de la même façon si j'étais resté là-bas. J'ai eu envie de retourner chez moi, en Uruguay, et là je me suis reconnu. Pourquoi ce refoulement ?Durant la dictature, l'Argentine était fermée aux autres musiques. Il y avait le rock nacional et la radio matraquait du tango, cela explique qu'une génération, voire deux, ait refusé cette musique vécue comme unique. Du coup, dans les milongas (les bals populaires), des sexagénaires dansent avec des jeunes de 20 ans, mais pas avec leurs enfants. Votre tango n'est pas qu'argentin...J'ai voulu établir des ponts entre Montevideo, Buenos Aires et Paris, les trois grandes villes du genre. Montevideo, la petite, l'oubliée, la provinciale, est ma ville natale : le tango y est populaire, familial, cela se perçoit dans les images. Rien de guindé. Buenos Aires, bien sûr, reste la Mecque le lieu d'origine officiel. Paris, enfin, a donné au tango son statut universel, ses lettres de noblesse. Comment photographie-t-on le tango ?Le vrai s'improvise. On ne sait pas ce qui va se passer la seconde suivante, car tout dépend de ce que le couple d'à côté inventera à son tour. Sur la piste de danse des milongas, le tango, c'est marcher à deux dans un espace qu'on apprivoise. La femme, contrairement à ce qu'on croit, dispose d'un énorme espace de liberté. Les photographes préfèrent le plus souvent capter les instants suspendus, où ça bouge moins. J'aime ces instants d'attente, de grâce, essentiels à saisir. Je pense notamment à une image qui est pour moi l'invitation au tango, elle passe par un regard. Rien à voir avec la salsa, où tout est plus ludique. Là, on ne parle pas, l'intention circule d'un corps à l'autre. Voilà ce que j'essaie de restituer. Le tango, ce n'est aucunement «faire l'amour debout», comme j'ai pu l'entendre ; c'est marcher ensemble. Avec plus ou moins de violence et de suavité.  ] _________________ Le tango est une infinité de possible. Léopold Maréchal
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 | Sujet: La capitale de l'Argentine veut aussi être celle du tango. Mar 20 Sep - 13:41 | |
| La capitale de l'Argentine veut aussi être celle du tangoArticle paru dans l'édition du Mmonde du 20.07.05 L e tango connaît un renouveau sans précédent dans la capitale de l'Argentine. La municipalité de Buenos Aires veut transformer cette cité en capitale mondiale de cette danse, comme Rio est celle de la samba : organisation d'un festival, à la fin du mois de février, et d'un championnat du monde du tango, qui depuis trois ans, en octobre, rassemble des centaines de couples venus de quarante pays. Des circuits sont destinés aux milliers de touristes des « tango tours » dans les vieux quartiers de La Boca, San Telmo ou Palermo, avec leurs cafés légendaires. Il y a aussi des musées : la maison où vécut Carlos Gardel avec Berta, sa mère toulousaine, dans le quartier remodelé de l'Abasto, et le Musée culturel du tango, dans le centre-ville, où l'on peut admirer des collections de bandonéons et une veste d'intérieur en soie ayant appartenu à Gardel. Autrefois considéré comme une musique de vieux, le tango attire désormais un public de plus en plus jeune. « Le dernier festival a réuni plus de 200 000 personnes, dont 40 % étaient des moins de 30 ans », se réjouit Gustavo Lopez, secrétaire à la culture du gouvernement de Buenos Aires. Tard dans la nuit, dans le quartier de Palermo, des centaines de couples se pressent sur la piste gigantesque de La Viruta, une des cent milongas (salon où l'on danse le tango) de la capitale. Parmi eux, beaucoup d'étrangers, comme Erika et Carl, 20 ans et 23 ans, venus pour quinze jours du Danemark avec une seule idée en tête : apprendre à danser le tango. Ils prennent des cours tous les jours dans l'une des innombrables académies et pratiquent le week-end dans différentes milongas. Un peu plus loin, Misha, une Hollandaise d'une trentaine d'années, s'efforce de suivre le double huit que dessine son partenaire, Gonzalo. Costume rayé et cheveux gominés, il est l'un des nombreux taxi-dancers dont on peut louer les services, à l'heure, pour s'aventurer en toute sécurité sur les pistes. Certaines offres de tango tours sont destinées exclusivement à la communauté gay. Buenos Aires autorise, depuis 2003, les unions de même sexe et offre à tous les couples, homosexuels ou hétérosexuels, des avantages sociaux identiques. Elle se veut la Mecque du tango gay avec d'innombrables initiatives touristiques en faveur d'une communauté réputée pour son haut pouvoir d'achat. L'office du tourisme de Buenos Aires estime que, parmi les 5,25 millions de visiteurs accueillis l'an dernier, plus d'un million étaient homosexuels. Parcours dans la ville, clubs, hôtels, bars et cours unisexe leur sont proposés. Un des hauts lieux de la milonga gay est La Marshall, qui rappelle qu'à ses origines, à la fin du XIXe siècle, le tango était dansé exclusivement par des hommes dans les bas-fonds de Buenos Aires. Christine Legrand _________________ Le tango est une infinité de possible. Léopold Maréchal
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 | Sujet: TANGO D'HIER ET D'AUJOURD'HUI À PARIS Mar 20 Sep - 13:49 | |
| TANGO D'HIER ET D'AUJOURD'HUI À PARIS Article paru dans l'édition du Monde du 02.01.05 Les grands musiciens argentins, de Carlos Gardel à Gustavo Beytelmann, ont toujours fréquenté la capitale française. Aujourd'hui, la tradition se perpétue avec, entre autres, le nouveau label Mañana L E GUITARISTE Eduardo Makaroff dit qu'il a rêvé, avec ses amis musiciens argentins de Paris, d'écrire un manifeste, qui aurait pu s'appeler « Los muchachos de Paris », tant la capitale française bouillonne de culture argentine. Il a finalement créé un label de disques dénommé Mañana (« demain »), sans craindre la crise ni les turbulences du secteur, au contraire. Eduardo Makaroff cite un dicton de son pays : « A rio revuelto, ganancia de pescador » (les remous du fleuve profitent au pêcheur). Eduardo Makaroff a profité du succès de La Revancha del tango, l'album du groupe Gotan Project dont il est le cofondateur, publié en 2001 et dont les ventes mondiales avoisinent le million d'exemplaires. Il a pu fonder Mañana « parce que deux ans de tournée » lui ont ouvert le monde, lui ont montré « quelle était l'ambiance tango à San Francisco, au Japon, à Varsovie ». Et que l'entreprise Gotan s'est révélée profitable. Ces gamins ( muchachos ) de Paris nés dans l'hémisphère Sud sont les enfants d'un flirt poussé entretenu entre Paris et Buenos Aires depuis plus d'un siècle. On vient à Paris chercher le succès, quand les chemins argentins se ferment. Surtout, la profusion d'excellents musiciens argentins arrivés en France depuis les années 1960 suit les courbes du destin politique de l'Argentine : allers et retours de Peron à la tête du pays (parti en 1955, revenu en 1973, mort en 1974 et remplacé par son épouse, Isabel), terrorisme, guérilla, Etat militaire (coup d'Etat en 1966, dictature en 1976), instabilité économique. Toutes ces mauvaises passes poussent au départ. Historiques parmi les tangueros parisiens contemporains, Juan Cedron et son fameux Cuarteto s'installent à Paris en 1974, ouvrant le chemin. Rappelons le contexte. Isabel Peron ne contrôle plus rien à Buenos Aires. L'inflation est de 335 %. Le pianiste Gustavo Beytelmann, dont le père, juif russe, était né rue des Rosiers, à Paris, prend la poudre d'escampette trois jours après le coup d'Etat du général Videla, en 1976. Le virtuose du bandonéon Juan José Mosalini le suit quelques mois plus tard. Le guitariste Luis Rizzo arrive en 1982, l'année où l'Argentine est battue par la Grande-Bretagne durant la guerre des Malouines. La grande dépression économique de 2002 entraînera peu d'exilés sur les rives de la Seine - la chanteuse Suzana Blasko, peut-être. En revanche, une partie des exilés des années 1970 rentrera au pays après le retour de la démocratie, en 1983. Pour l'Argentine musicienne, Paris est presque une habitude : le roi du tango, Carlos Gardel, né d'une mère toulousaine, y chante dès 1928. Dans le registre de la poésie andine, le chanteur et guitariste Atahualpa Yupanqui (1908-1992), qui débarqua une première fois à Montparnasse en 1948, finira par s'installer en France, où il est mort, à Nîmes. Astor Piazzolla fréquenta l'Hexagone dès 1955 : il y vint étudier la musique classique, et son professeur, Nadia Boulanger, le somma de ne pas abandonner « sa » musique, le tango. UNE ARGENTINE RÉSISTANTE« Chaque fois que le tango est en décadence, il est sauvé à Paris », remarque l'historien du genre Nardo Zalko, un Argentin de Paris, lui aussi. Le tango laisse aussi des traces ici. Astor Piazzolla lègue un important héritage, y compris dans la musette, genre populaire anobli par Marcel Azzola ou Richard Galliano, créateur, avec Piazzolla, du « new-musette », rénovation radicale de ce genre français né de la rencontre des Auvergnats et des Italiens de la rue de Lappe. Avec Piazzolla, de grands noms de la chanson (Amelita Baltar, Susana Rinaldi) et de la littérature argentines (Julio Cortazar) ont alimenté l'image d'une Argentine résistante, cultivée, créative. Initialement imaginé en 1983 par un autre Argentin de Paris, le metteur en scène de théâtre Jorge Lavelli, le spectacle Tango argentino, retour de la fierté argentine après des années de plomb via la danse et les bandonéons, part du Châtelet pour atterrir à Broadway. S'ils ne pratiquent pas tous formellement le tango, ces transfuges s'enracinent dans son histoire. « Le tango, une des musiques les plus importantes du XXe siècle, est l'âme de Buenos Aires. La perpétuer à partir de Paris n'a rien de paradoxal, explique Eduardo Makaroff. Né au XIXe siècle entre Buenos Aires et Montevideo, le tango a d'abord été reconnu à Paris avant de l'être en Argentine. Ensuite, il y a eu des allers et retours constants. » Les Porteños (les habitants de Buenos Aires) aiment à répéter que « Buenos Aires est l'épouse, Paris la maîtresse » du tango. Eduardo Makaroff s'est installé en 1990 pour entamer une carrière française, en formant le duo Mano a mano. « L'idée était de faire de la création dans la chanson tango. Une démarche que je poursuis en fait aujourd'hui avec le label. » Mañana « incarne le sentiment fédérateur liant des copains musiciens », des artistes ayant « choisi » Paris, dont les sentiments liés à l'exil nourrissent souvent la création. « L'exil, c'est une des raisons intimes qui nous mènent à vouloir, dans nos compositions, parler du tango et de l'Argentine qui a souffert d'une succession de dictatures et, les dernières années, du «hold-up du siècle» comme dit Fernando Solanas dans son dernier film. On peut voler matériellement, économiquement parlant, un pays, mais c'est plus difficile de voler l'âme d'un peuple. » De nombreux chanteurs et compositeurs continuent de créer à l'intérieur et à la périphérie du tango à Paris, ou en Argentine malgré la large place occupée là-bas par le rock, « trop influencé par la musique anglo-saxonne », déplore Makaroff. Insensible au « poids du tango officiel », n'ayant que faire des « fondamentalistes, des gens trop installés dans le passé », une nouvelle génération « aime, danse, joue et chante le tango. Des artistes parfois très jeunes ». Eduardo Makaroff cite le pianiste, chanteur et compositeur Juan Carlos Caceres : « La modernité se trouve toujours aux origines. » En France depuis 1968, Caceres, « à partir de Paris, remet en avant une partie cachée de l'histoire de l'Argentine. Il se fait le témoin des racines africaines du tango, rappelle l'histoire, niée, de l'«africanité» chez nous ». Patrick Labesse et Véronique Mortaigne _________________ Le tango est une infinité de possible. Léopold Maréchal
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 | Sujet: L’hôpital est malade ? Chantez ! Mar 8 Nov - 9:10 | |
| Courrier International - n° 782 - 27 oct. 2005 L’hôpital est malade ? Chantez ! Etre patient dans un hôpital public, ce n’est pas drôle tous les jours. Il faut faire la queue dès 3 heures du matin pour réussir à décrocher une consultation, errer de service en service faute de panneaux, et traiter avec des équipes débordées. Pourtant, à l’hôpital Argerich de Buenos Aires, dans le quartier de La Boca, médecins et patients prennent les choses à la rigolade. Tous les vendredis soir depuis février 2004, ils se réunissent pour une séance d’improvisation théâtrale, où ils jouent les situations qu’ils endurent quotidiennement. Ils se maquillent, chantent, jouent la comédie. Chaque scène est un vibrant plaidoyer pour les avantages qu’offre l’hôpital public dans un pays démocratique. Car, malgré les obstacles qu’ils rencontrent, ils défendent mordicus leur établissement : “Et qui m’aidera dans le malheur/Dans la dure maladie/Où irais-je s’il n’y avait plus d’hôpital ?” La troupe, baptisée Los Argerichos, a déjà été invitée à des rencontres médicales, par exemple au congrès de l’Association de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent. Alicia Torres joue le rôle de la méchante – une femme blonde en étole de fourrure qui déclare que, vu la gabegie, mieux vaudrait privatiser l’hôpital. Le reste de la troupe lui rétorque en chantant que celui-ci est indispensable, parce qu’il est ouvert à tous en permanence. En tant que patiente, Alicia est d’accord avec ses camarades. “Ici, c’est vrai, il faut faire la queue, mais on s’occupe merveilleusement bien de vous.” Sur des airs du folklore, boléro ou tango, les vingt patients et médecins racontent le parcours du combattant qu’il faut effectuer pour obtenir une consultation. Le théâtre sert d’exutoire. “Je savais juste lire des électrocardiogrammes, aujourd’hui je découvre que je peux chanter”, se réjouit le cardiologue Edgardo Schapachnik. A l’hôpital public, chantent Los Argerichos, il arrive qu’on n’ait plus de coton hydrophile, mais on s’occupe toujours de vous avec le cœur. Et de rappeler au passage que, si le président Néstor Kirchner a fait d’Argerich son hôpital attitré, ce n’est pas par hasard : “S’il nous a choisis, ce n’est pas pour rien/C’est soit pour notre prestige, soit parce qu’il a entendu la troupe.” Valeria Román Clarín, Buenos Aires _________________ Le tango est une infinité de possible. Léopold Maréchal
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 | Sujet: Eladia Blazquez-Poétesse du tango Mar 8 Nov - 9:53 | |
| Eladia BlazquezArticle paru dans l'édition du 22.09.05 Poétesse du tango 'AUTEUR, compositeur, poète et interprète argentine Eladia Blazquez est morte le 31 août à Buenos Aires. Elle était âgée de 74 ans. Elle laisse au patrimoine culturel argentin et latino-américain une oeuvre riche de trois cents créations, réunissant poésie, composition, paroles, et interprétation au piano ou à la guitare. Eladia Blazquez était aussi chanteuse. Née le 24 février 1931 dans une banlieue populaire de la capitale argentine, dans une famille d'immigrés espagnols, Eladia fut, dès l'âge de huit ans, une enfant prodige. Elle commence par jouer de la musique « espagnole », au sens large, bolero compris - genre très apprécié en Argentine jusqu'à la fin des années 1950. Puis elle explore du folklore sud-américain, avant de tomber définitivement dans le tango comme forme primordiale de l'identité argentine. Eladia Blazquez est aussi influencée par le jazz et compose pour des films ou des comédies musicales. Elle signe également un poignant hommage au poète espagnol Federico Garcia Lorca. Son arrivée au tango dans les années 1970 se situe à un moment où le genre connaît un creux et est synonyme de vieillerie. En plein baby-boom et période Beatles, Eladia Blazquez impose un renouveau original de la poésie du tango, avec, entre autres, des morceaux devenus des classiques : El corazón mirando al sur, Honrar la vida, Si Buenos Aires no fuera así, Sueño de barrilete ou, pour les paroles, Adiós Nonino, sur une musique d'Astor Piazzolla. Eladia Blazquez, qui avait débarqué dans le milieu machiste des auteurs de tango, avait été chantée notamment par Suzana Rinaldi, qui aimait en elle son sens critique, son talent à décrire Buenos Aires. Maintes fois primée pour ses créations, Eladia Blazquez fit une carrière internationale qui la mena une seule fois sur les scènes parisiennes, Salle Wagram, comme invitée du pianiste Juan Carlos Carrasco, en juin 1999. Véronique Mortaigne _________________ Le tango est une infinité de possible. Léopold Maréchal
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 | Sujet: Cristobal Repetto Mer 9 Nov - 11:35 | |
| Musique Le jeune chanteur argentin Cristóbal Repetto, en concert à Paris, fait revivre avec intensité des airs des années 1920 à 1950. Rétro tango par François-Xavier GOMEZ QUOTIDIEN : mercredi 26 octobre 2005 Cristóbal Repetto ce soir au Café de la Danse, 5, passage Louis-Philippe, Paris XIe. Tél. : 01 47 00 57 59. CD : «Cristóbal Repetto» (Surco/Universal). Le Royal Albert Hall de Londres et l'Olympia à Paris : on a connu des débuts sur le Vieux Continent plus modestes. C'est pourtant sur ces scènes que Cristóbal Repetto s'est fait connaître au printemps. Le jeune Argentin de 28 ans faisait certes des premières parties (respectivement de Pink Martini et de Cristina Branco), mais le public a acclamé dans les deux cas cet artiste qu'il entendait pour la première fois. Entouré de trois guitaristes et d'un violon, assis en demi-cercle, Cristóbal Repetto, avec sa barbe d'adolescent et ses yeux fiévreux de personnage dostoïevskien, est habité par son chant. Sa belle voix haut perchée, reconnaissable entre mille, donne une exceptionnelle densité dramatique aux tangos oubliés des années 20 à 50. Auxquels il ajoute des musiques qui le rattachent à ses origines rurales. «Je suis né à Maipú, une ville de 8 000 habitants, à 270 kilomètres de Buenos Aires, raconte le chanteur. Un centre important pour l'élevage, réputé pour sa viande, où on trouve encore des payadores, ces troubadours qui parcourent la pampa. Le premier artiste que j'ai vu sur scène était Chango Nieto, un interprète de folklore qui chantait les yeux fermés en s'accompagnant au bombo (grand tambour, ndlr). Il m'a fait une très forte impression, de même que Gustavo "Cuchi" Leguizamón, que j'ai vu à la même époque.» Archives. A 17 ans, décidé à devenir chanteur, Cristóbal Repetto quitte Maipú pour la capitale, où il fait ses premières armes dans les cabarets de tango. Le parrainage de Daniel Melingo et un passage télé remarqué lui ouvrent les portes : le producteur Gustavo Santaolalla, son compatriote installé aux Etats-Unis, l'accueille bientôt sur son label Surco (celui du rocker colombien Juanes). Pour monter le répertoire de son premier disque, Cristóbal Repetto a fouillé parmi les vieux 33 tours, voire les 78 tours. «Ensuite, j'ai fait un travail de recherche à l'Académie du tango ou aux Archives de la nation, pour me documenter sur les auteurs, le contexte historique de chaque chanson. Tout cela est résumé dans le livret du CD.» Autre axe de son travail : «Revendiquer l'importance des chanteuses qui, en raison du machisme, n'ont jamais été reconnues comme elles le méritaient.» C'est le cas de Mercedes Simone, qui chantait Cantando dans Tango, le premier film argentin parlant en 1933. Mais aussi de Nelly Omar, qui chante toujours, à 92 ans (on l'a applaudie au Théâtre de Chaillot en 2002). «J'ai interprété Pa'Dumesnil devant elle, raconte Repetto, elle était bouleversée. Depuis qu'elle l'avait enregistrée en 1955, plus personne ne reprenait cette milonga.» «Déchirement». Le tango évoque volontiers les voyous, les bordels et les bas-fonds, un univers où on a du mal à situer Repetto. «Je suis loin du stéréotype du malevo [gouape], reconnaît-il. Mais je ne crois pas qu'il faille être ivrogne pour chanter de façon convaincante "Tavernier remplissez mon verre". Et je ne pense pas qu'il faille souffrir pour bien chanter le tango, comme on le dit souvent. Ce qui ne veut pas dire que je n'ai pas souffert : quitter les miens à 17 ans a été un déchirement. Et puis, quand on est comme moi supporter depuis l'enfance du Racing Avellaneda, une équipe qui n'a rien gagné depuis trente ans, on sait ce qu'est la douleur !» Le club étant aux dernières nouvelles quinzième (sur vingt) du championnat de foot argentin, les conditions semblent réunies pour un grand concert, ce soir... _________________ Le tango est une infinité de possible. Léopold Maréchal
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Nombre de messages: 156 Localisation: Paris Date d'inscription: 16/12/2004
 | Sujet: Et vogue le tango- Une histoire du tango Sam 12 Nov - 16:21 | |
| Et vogue le tango. . . L'humanité. 13 Aout 2005 L’Argentine, dans les années 1880, voit débarquer dans le port de La Boca les paquebots ayant levé l’ancre à Marseille, Dublin, Hanovre ou Gènes. Dans leur estomac d’acier, les émigrants fuyant la misère des campagnes de l’Aveyron, du Connemara, des Pouilles ou de Galice, et les pogroms antijuifs de la Mittel Europa. Les « conventillos », anciens couvents transformés en immeubles de rapport par les marchands de sommeil, accueillent les célibataires, bientôt les familles. Le travail ne manque pas, mais les salaires sont maigres, les journées interminables et les congés inconnus ou presque. Le dimanche on se réunit dans la cour du conventillo autour d’un guitariste, d’un bandonéoniste. Les sons des contrées d’origine des nouveaux arrivants se mêlent : les tambours nègres des esclaves africains, le candomblé, rythment une valse viennoise. La milonga, mère du tango, s’élabore, à l’oreille, à tâtons. On danse, entre hommes d’abord puis dans les « prostibulos ». La naissance d’une danseLes vers égrènent les vicissitudes de l’existence, le plus souvent les amours déçues et trompées qu’on lave dans le sang ou qu’on tente d’oublier dans l’alcool, voire le suicide. Les tangos parlent peu de la réalité sociale, de la pauvreté qui frappe la classe ouvrière, à l’exception de pièces comme Pan, Acquaforte, Al Pie de la Santa Cruz : cette musique métissée accompagnant une danse lascive effraie la bourgeoisie en formation. Mais rapidement cette dernière accaparera le genre et le transportera dans ses « folies », dans les salons des hôtels de luxe et jusque sur les hippodromes. Le coup d’État militaire de 1930, premier d’une série qui secouera le pays jusqu’en 1982, coïncide avec la naissance de l’âge d’or du tango, décennie de 1930 et surtout de 1940. Carlos Gardel est accompagné par une cohorte de chanteurs à la gorge céleste : Alberto Gomez, Magaldi, Corsini, Azucena Maizani, puis Marino, Fiorentino, Floreal Ruiz... Les chefs brillent au pupitre et composent les classiques qui accompagneront le compte à rebours du siècle. Ils ont nom D’Arienzo, Di Sarli, De Caro, Pugliese, Canaro... Les orchestres typiques (une quinzaine d’instrumentistes : violons, bandonéons, piano, contrebasse) jouent tous les soirs dans des boîtes aux noms français, Armenonville, Germinal, Chantecler : Paris reste la référence en matière culturelle et les tangos retracent la géographie des rues de la Ville lumière. On chante aussi Buenos Aires, ses quartiers, ses avenues nouvellement tracées, ses cafés, sa faune typique, le « compadre », moitié souteneur, moitié ouvrier, les grandes amoureuses... Enrique Santos Discepolo, en visionnaire, écrit Yira, Yira et Cambalache, oeuvres politiques où se décline la condition humaine livrée aux appétits corrompus des hypocrites et des charlatans. Le tango est partout. Le cinéma s’en empare (la première oeuvre parlée s’intitule Tango) ; les films ne sont souvent que le prétexte pour faire entendre les voix des vedettes de la scène : Gardel, bien sûr, Hugo Del Carril, Libertad Lamarque. Borges, l’érudit majuscule, contempteur du tango, se laisse prendre au charme de la milonga qu’il juge plus authentique ; il écrira quelques pages superbes sur cette ville gigantesque qui avale la pampa et transforme le gaucho en ouvrier. Les convulsions d’après la Seconde Guerre mondiale, les grands changements qui affleurent inquiètent l’Argentine, que les ondes de choc ont atteinte. La nostalgie envahit le tango. On y évoque ce Buenos Aires en ébullition, le paysage urbain qui évolue, se modernise, réduisant l’espace des petites gens. La double décennie 1930-1940 est marquée de quelques chefs-d’oeuvre : Sur (« Sud »), Cafetin De Buenos Aires, El Bulin De La Calle Ayacucho (« la garçonnière de la rue Ayacucho »), Maria, Malena, Naranjo En Flor (« oranger en fleur »), Mano a Mano, los 40, la Ultima Curda (« la dernière cuite »), Como Dos Extraños (« comme deux étrangers »). L’économie, qui avait connu un développement soutenu, s’essouffle, le chômage de masse et la violence politique détournent le public du tango. Les grandes formations disparaissent. Dans la tourmente résistent Pugliese, Anibal Troilo, Leopoldo Federico, les poètes Hector Negro, Catulo Castillo et Cadicamo, et des chanteurs s’affirment : Goyeneche, Rivero, Sosa... L’exil pousse vers Paris Osvaldo Piro, Mosalini (« el Tata Cedron »), la chanteuse Suzana Rinaldi. Loin de ses terres, Piazzolla est vitupéré par les puristes. Il affine son art à la pierre ponce du jazz, de la musique classique, à Paris, New York. Quand il rentrera au pays, il sera adulé comme un dieu par ceux-là mêmes qui niaient sa qualité de musicien de tango. Son association, dans sa ville enfin amadouée, avec le poète Horacio Ferrer donnera quelques pièces immortelles : Balada Para Un Loco (où, sur le mode surréaliste, l’auteur déclare son amour fou pour Buenos Aires), Balada Para Mi Muerte, l’opérette Maria de Buenos Aires. Un culte pour toutes les générationsÀ la fin des années 1990, les jeunes qui exprimaient leur révolte dans le rock’n’roll se tournent vers le tango, genre qu’ils méprisaient ou à tout le moins ignoraient. Le pays a vécu vingt-cinq ans sous la dictature militaire de la junte (1976-1982) puis sous celle du libéralisme sauvage imposé par le FMI et Washington et leur élève Carlos Menem, président de 1989 à 2000. L’Argentine est dévastée : un habitant sur deux est pauvre, des dizaines de milliers de personnes vivent dans la rue et trient dans les poubelles des déchets à recycler. Les hommes politiques se repassent le pouvoir, élevant la corruption au rang d’institution. Le pays a été vendu, sa culture niée. La jeunesse recherchant l’identité perdue arbore le tango en manière de bannière. Les orchestres typiques renaissent avec des « pibes », des gamins de vingt-cinq ans et moins : Fernandez Fierro et Imperial revendiquent ouvertement l’héritage de Pugliese, sans renier la modernité de Piazzolla. L’orchestre-école dirigé par le rutilant octogénaire Emilio Balcarce forme des musiciens venus du monde entier, leur transmet les « secrets » qui circulaient dans les « tipicas » de l’âge d’or. Ils apprennent à jouer « à la façon de » Pugliese, D’Arienzo, Di Sarli, Gobbi. Des compositeurs s’affirment : Sonia Possetti, Pablo Mainetti, Fabian Bertero. De nouvelles voix, notamment féminines s’imposent, sur la trace d’Adriana Varela : Lidia Borda, Sandra Luna, Julia Zenko. Une musique sociale et politiqueLes auteurs, bravant la difficulté de diffusion des oeuvres nouvelles, écrivent des textes sociaux et politiques comme il ne s’en écrivait presque plus depuis Celedonio Flores et Discepolo. Ils y évoquent les « cartoneros » bouffant les kilomètres d’asphalte, de nuit, d’une poubelle à l’autre. La ville est toujours présente et ses rues (le tango se nomme aussi « musique citadine »). Le « barrio », le quartier, a changé mais les joies et les problèmes demeurent : les potes, le foot, la bière qu’on partage, les amours difficiles, les petits boulots. Le tango s’est éloigné des bordels et a abandonné les duels au couteau. Mais la lutte pour la vie y a toute sa place. Ils le crient à la face des puissants, des riches sans principe : l’Argentine est vivante et avec elle le Buenos Aires populaire qui lutte et entre en colère, comme lors des révoltes de décembre 2001. Un Buenos Aires qui continue de hanter ses habitants, les Porteños ! Une ville ou Eladia Blazquez, l’auteur-compositeur la plus importante de la fin du XXe siècle, replante les défis de la simplicité d’aimer la beauté de sa ville dont elle ne peut imaginer qu’elle ne recueillera pas le dernier souffle de chacun de ses enfants. Son « coeur regarde le Sud », l’hémisphère où brille la Croix du Sud, ce Sur que filme Fernando Solanas, au retour d’exil, le sud populaire de la capitale et ses quartiers de La Boca, Barracas et San Telmo, où il y a plus d’un siècle naissait le tango. Gérard Devienne _________________ Le tango est une infinité de possible. Léopold Maréchal
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 | Sujet: Osvaldo Pugliese, l’oeillet rouge du génie Sam 12 Nov - 16:27 | |
| Osvaldo Pugliese, l’oeillet rouge du génie L'humanité. Article paru dans l'édition du 13 août 2005. Travailleur infatiguable de la musique, Pugliese était le plus grand musicien de tango. Un visionnaire qui ouvrit l’espace de la modernité dans lequel s’engouffra Astor Piazzolla. Le 25 juillet 1995, disparaissait, à Buenos Aires, Osvaldo Pugliese, parenthèse fermée d’une vie commencée tout juste quatre-vingt-dix ans plus tôt, dans le quartier populaire de Villa Crespo. Ses obsèques, comme celles de Gardel, prirent le tour d’un événement national. Le cortège, parti de la place de Mayo rendue célèbre par les Mères qui y défièrent la dictature, avant d’enfiler la fade rectitude des rues jusqu’au cimetière, fit un arrêt devant le siège du Comité central du Parti communiste, selon le souhait de Don Osvaldo. Une pluie d’oeillets rouges y salua le militant. Osvaldo Pugliese est de ces hommes entiers à qui même leurs ennemis de classe reconnaissent le courage de l’engagement, la rigueur morale, la conduite exemplaire. Et Osvaldo Pugliese représente, davantage peut-être aujourd’hui dans un pays en crise, ce que le peuple peut produire de meilleur. « Travailleur de la musique », comme il aimait se qualifier lui-même, il est reconnu comme l’un des plus grands musiciens de tango, un révolutionnaire, quasi un visionnaire, qui ouvrit l’espace de la modernité dans lequel s’engouffrerait Astor Piazzolla, espace que comblent aujourd’hui les orchestres fondés par de jeunes musiciens. Il ne peut se concevoir un concert sans une oeuvre de Pugliese, de préférence Malandraca, Negracha, la Beba (dédiée à sa fille, Beba, chef d’orchestre et pianiste comme lui) et, tango de tous les tangos, comme le sont la Cumparsita, el Choclo : la Yumba. Titre onomatopée, il résume l’art de Pugliese et l’essence même du tango. Yum-ba, yum-ba, du rythme avant toute chose, car le tango, c’est d’abord une danse. Pugliese et avec lui Juan D’Arienzo, « le Roi de la mesure », imposèrent ce précepte qui redonna un souffle au genre quand se fut éteinte la voix de Gardel. Yum-ba, yum-ba, le piano martèle la cadence : Pugliese, grand pianiste, sacrifia la virtuosité à la mesure ; la main dirige l’orchestre par clavier interposé. Jusqu’à sa mort, Pugliese saura s’entourer d’excellents musiciens (Mederos, Ruggero, Mosalini, Balcarce, Plaza) et chanteurs (Chanel, Moran, Maria Graña). Astor Piazzolla, réformateur du tango dans les années soixante et soixante-dix, ne cachait pas son admiration et le tribut qu’il devait à Pugliese qui, lui, appréciait l’esprit d’avant-garde de l’auteur de Libertango. Les deux hommes réaliseront un rêve en 1989, quand ils joueront à Amsterdam, orchestres de Pugliese et Sexteto Nuevo de Piazzolla mêlés. Pugliese, en bon artisan, aimait transmettre, aimait étudier. Et lutter. Ses idées le conduiront en prison, comme en 1955, sous le gouvernement du général Peron. Enfermé, il ne perdra jamais son sens de l’humour et il composera, 34 a comer, 34 comme son matricule qu’on lui gueulait à l’heure du rata. Humour toujours quand, évoquant sa chère calle Corrientes, « l’avenue qui jamais ne dort », il précisait que, « bien que de gauche » il regardait « à droite » où il pouvait « voir l’Obélisque », symbole de sa ville, plutôt qu’à gauche où se trouve « la Chacarita », le cimetière où il repose dans le carré des artistes jouant d’un piano de marbre, silhouette gracile entourée d’oeillets rouges. L’oeillet, comme un symbole qui, posé sur le tabouret vide devant le piano, signalait, les soirs de concert, que le maître était « una vez mas en cana », « une fois de plus au trou », emprisonné pour ses idées communistes, de celles qui, un jour de 1936, après un séjour dans la France du Front populaire, le décidèrent à fonder le premier syndicat de musiciens. Pugliese a exporté son talent en URSS, en Chine, à Cuba, au Japon. Il a joué à l’opéra de Buenos Aires, le teatro Colon, peu habitué alors à accueillir la musique populaire, répondant à un voeu de sa mère et à une pétition de ses admirateurs. Une autre pétition circule aujourd’hui pour qu’une station de métro de Villa Crespo porte son nom, comme celle de l’Abasto, les halles, porte celui de Carlos Gardel. Reconnu partout comme un jalon incontournable de l’histoire du tango, Osvaldo Pugliese sera honoré par l’Humanité en 1984, à l’occasion du 80e anniversaire de la naissance du journal. Nulle récompense ne pouvait autant honorer le musicien révolutionnaire et le révolutionnaire, compositeur de la Yumba. Comme cette pluie d’oeillets rouges, un matin d’hiver de 1995, dans Buenos Aires, sa ville. G. D. Article paru dans l'édition du 13 août 2005. _________________ Le tango est une infinité de possible. Léopold Maréchal
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 | Sujet: Gotan Project Jeu 24 Nov - 23:46 | |
| Jérôme de Perlinghi pour Télérama Eduardo Makaroff, guitariste de Gotan Project et fondateur du label Mañana. Un des artisans de la nouvelle vague. Le nouveau tango à Paris Porté par le label Mañana, le tempo argentin s'électrise et fait chavirer l'Europe. Le tango renaît de ses cendres. Bâillonné par la vague rock des années 60, puis tétanisé par le génie écrasant d'Astor Piazzolla, il est à nouveau porté au pinacle par de jeunes danseurs accros au pas de deux, en Amérique du Sud comme en Europe. L'Argentin Eduardo Makaroff, quinquagénaire guitariste de Gotan Project - groupe d'électro-tango qui a vendu un million d'albums de par le monde - est aujourd'hui, depuis Paris, un des artisans de cette renaissance à travers son label Mañana. Il y accueille notamment le chanteur Melingo (lire article page ci-contre), ex-rockeur punk au charisme halluciné. Télérama : D'où vous est venu ce goût pour le tango ? Eduardo Makaroff : Comme les gens de ma génération, j'ai d'abord versé dans le rock, mais dès 14 ans, j'ai été l'élève du guitariste de Juan Cedron, un des rares artistes créateurs de tango des années 70. Il m'a initié. Puis, après une période consacrée à un rock assez bouffon, inspiré par le folklore, j'ai commencé à jeter les bases d'un tango électronique. C'était à la fin des années 80, avec mon ami Daniel « el Pollo » Mactas, dans le cadre d'émissions de télé pour enfants que nous animions, et de musiques que nous composions pour la pub. Télérama : Qu'est-ce qui vous a amené à Paris en 1989 ? Eduardo Makaroff : Daniel et moi avions envie de parcourir le monde. Nous avons jeté l'ancre à Paris, parce que c'est la ville où le tango a toujours su rebondir pour se développer. Lui est reparti en Argentine en 1995, et j'ai rencontré Philippe Cohen Solal dans le milieu des producteurs de musique pour le cinéma, la télé, la pub - qui constitue encore une part importante de mes activités. Il était plutôt branché house, hip-hop, trip-hop, mais a accepté de tenter le télescopage entre le tango et l'électro. Le groupe Gotan Project s'est constitué avec un troisième musicien venu de l'audiovisuel, Christoph H. Müller, qui programme et conduit les machines. Télérama : Comment expliquez-vous le formidable succès de Gotan ? Eduardo Makaroff : Le tango, c'est hyper réaliste et très ancien ; la musique électronique, moderne et complètement abstrait : Gotan, c'est un travail de décomposition qui mène le réalisme du tango vers l'abstraction, un peu comme un tableau figuratif qu'on ferait glisser vers l'art moderne... Lorsque nous avons commencé, ce mélange était expérimental. Nous avons d'abord sorti deux morceaux. Les DJ étant intéressés, nous en avons enregistré d'autres. Sans aucun marketing, notre album de huit titres paru en 2001 a fait le tour du monde. Depuis, nous avons signé en France avec Barclay, et avons remporté une Victoire de la musique. Après une tournée de deux cents concerts, des Etats-Unis à la Chine (vous rendez-vous compte qu'à Pékin il y a des associations de danseurs de tango ?), nous nous sommes attelés au nouvel album, qui sortira en mars 2006. Télérama : Entre Piazzolla et l'électro-tango, y a-t-il d'autres nouvelles voies ? Eduardo Makaroff : Piazzolla a radicalisé de manière très personnelle un mouvement amorcé dans les années 30 par les grands orchestres qui se sont mis à flirter avec le jazz et le classique - Carlos Gardel avait pour sa part mené vers la canción (le tango chanté) cette musique de danse née à la fin du XIXe siècle. Mais après Piazzolla, la création s'est arrêtée net : tout le monde s'est contenté de mimer ce génie. Les choses recommencent à bouger avec des musiciens comme Juan Carlos Cacérès, qui part en quête des racines africaines du genre, et Melingo, qui, sous ses airs nonchalants, donne une énergie très actuelle au tango canción. C'est pour offrir une rampe de lancement à ces artistes que j'ai créé Mañana. Télérama : Le tango retrouverait donc une nouvelle jeunesse ? Eduardo Makaroff : Le tango n'est jamais mort ; mais depuis six ou sept ans, autant à Paris qu'à Buenos Aires, il y a eu une overdose de musiques anglo-saxonnes, et beaucoup de jeunes, en réaction, se sont mis à le danser. Des milongas (« guinches » tango) s'ouvrent dans tous les quartiers de Buenos Aires. A Paris, les cours de danse se multiplient. Avez-vous vu les bals tango en bord de Seine ? C'est une des danses à deux les plus subtiles, sensuelles, sentimentales et sexy qui soit. A VOIR ET ECOUTER : 2 CD : Gotan Project, La Revancha del tango, et Philippe Cohen Solal, Inspiración espiración, Barclay, fff. 1 DVD : La Revancha del tango live, à paraître le 17 novembre, Barclay. Propos recueillis par Eliane Azoulay Télérama n° 2909 - 12 octobre 2005 _________________ Le tango est une infinité de possible. Léopold Maréchal
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 | Sujet: Le tango des cités ( formation des policiers au tango) lol Sam 14 Jan - 14:12 | |
| Le tango des citésArticle paru dans l'édition du 30.11.05 Une danse de défi et de séduction pour apprendre à reconnaître l'autre ans une de ses chroniques, Dominique Dhombres interroge ses lecteurs : « Vous en connaissez beaucoup, vous, des policières qui dansent le tango ? » ( Le Monde daté 20-21 novembre). Je me sens le devoir de répondre : Beaucoup, non ; mais une, oui ! Je danse régulièrement avec une fonctionnaire de police du commissariat de Montreuil : appelons-la K. Elle danse bien. C'est très agréable de danser avec elle. Son identité de « tanguera » n'est d'ailleurs pas sa seule originalité. Elle s'est aussi inscrite comme étudiante au département des sciences de l'éducation de Paris-VIII, où elle a obtenu une licence, une maîtrise (mention très bien). Elle vient de soutenir son DEA et va s'inscrire en thèse. Pour des policiers, mais aussi des travailleurs sociaux, des enseignants, des psychologues, des animateurs, des jeunes chômeurs, des étudiants, des intervenants de tous métiers (y compris les boulangers et les jardiniers municipaux), le monde du tango est un lieu où l'on régule son agressivité, où l'on apprend à reconnaître l'autre, où l'on expérimente le corps-à-corps, autrement que par les pratiques d' « humiliation ordinaire » ou par cocktails Molotov interposés. Depuis douze ans, avec plusieurs collègues de notre faculté, je participe à l'animation de cours de tango et à une milonga (bal tango) à l'université de Saint-Denis. A côté, j'ai fait des cours pour montrer la fonction de régulation de la violence que propose ce style de danse de couple. Des centaines d'étudiants ont suivi ces cours. Il y a trois mois, la région Ile-de-France m'a accordé un budget important (création d'un poste de post-doctorat) pour étudier les possibilités de diffuser le tango dans les cités et de former des jeunes issus de la banlieue au métier de professeur de tango. L'idée de former les policiers au tango peut apparaître loufoque à Paris aujourd'hui, mais je l'ai évoquée en février, à Buenos Aires, avec le professeur d'université Cristan Varella, formé à l'analyse institutionnelle et chef de l'école de police de Buenos Aires. Oui ! à Buenos Aires, le chef de l'école de police (6 000 stagiaires) est un professeur de sciences sociales de l'université ! Il a la mission de former les nouvelles générations de policiers à une pratique démocratique de leur métier ! C'est difficile de sortir de décennies de dictature. Mais l'Etat argentin s'y emploie. Pour apprendre à se rencontrer, en contrepoint de la breakdance ou du hip-hop, le tango ! C'est aussi une danse des quartiers périphériques - depuis un siècle ! Je rentre d'un colloque sur « Danses de défi et danses de séduction », qui s'est déroulé à l'université de Lecce (Italie du Sud) et était organisé par Georges Lapassade, l'auteur de livres classiques sur la transe, mais aussi sur le rap. Chercheurs et praticiens des danses sociales (mais aussi jeunes de cités, devenus danseurs) du monde entier ont étudié les convergences entre le hip-hop, la capoeira, la pizzica, le tango... Après 1968, on a « oublié » la culture du bal, qui avait permis de faire se rencontrer entre 1789 et 1968 les genres (hommes et femmes), les âges, les ethnies. N'est-il pas temps de renouer avec une culture et une socialité du corps dansant, de faire danser ensemble jeunes et moins jeunes des banlieues ? Les policiers, aussi, ont le droit de diversifier leurs appartenances sociales, leurs « moments ». Cela leur fait du bien d'être connus et reconnus auprès des autres professions ou acteurs sociaux. REMI HESS _________________ Le tango est une infinité de possible. Léopold Maréchal
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 | Sujet: Le tango virtuose de Gustavo Russo Lun 24 Sep - 20:51 | |
| Danser le tango torse nu ne va pas révolutionner cette danse de couple. Le tango est par nature sexuel et se joue en dessous de la ceinture avec virtuosité. Inutile d'en rajouter. Le spectacle Tango Seduccion, chorégraphié par la star Gustavo Russo pour quatorze interprètes, cinq musiciens et une chanteuse, pèche par un excès de sensualité qui lui fait prendre le chemin d'un scénario de fait divers. La seconde partie dérape vers le catch féminin stylisé avec règlement de comptes au couteau et femme traîtresse. Un virage presque drôle s'il n'oblitérait pas le premier volet de la pièce, étonnant dans son invention et son burlesque de carte postale. Brillant, extrêmement vif, le tango de Gustavo Russo oblige à une virtuosité aiguisée pour enjamber les registres. Elégant, dramatique, agressif, mais aussi plein d'humour : une garde-robe émotionnelle variée. Dans un sketch bien arrosé, localisé dans un bouge argentin, un vieil homme à trois jambes se sert on ne peut mieux de sa canne, guidé par une meneuse pas bégueule. Les interprètes rayonnent dans des enchaînements ingénieux. Changements de direction permanents, glissades, coups de nerfs et brusques langueurs, le nuancier corporel se déploie dans toutes ses finesses. Cette séduction-là s'impose d'elle-même. Tango Seduccion de Gustavo Russo, au Bataclan, 50, bd Voltaire, Paris-11e. Du 25 au 27 septembre et du 2 au 6 octobre, à 20 heures. Tél. : 0-892-392-192. De 45 € à 67 €. Rosita Boisseau Article paru dans l'édition du 25.09.07. LE MONDE | 24.09.07 | 16h25 • Mis à jour le 24.09.07 | 16h26 _________________ Le tango est une infinité de possible. Léopold Maréchal
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