Voilà un livre dont j’ai pris connaissance par hasard sur
tango-argentin.net. Grosse surprise parce que je croise comme beaucoup Coco Dias au Latina ou dans des soirées ainsi que l’auteure qui fréquente également souvent ce lieu et je ne savais absolument pas qu’elle était écrivain. En fait, malgré le fait que j’y aille pratiquement chaque semaine et depuis plusieurs années, je ne connais personne et c’est très bien comme ça. J’y vais pour la musique, le tango, la dance, l’ambiance de la milonge mais pas, surtout pas d’ailleurs, pour connaître la vie des tangueros. Voilà, donc un livre que je commande et commence à lire avec de forts préjugés négatif. En lisant le résumé, il me semble ,de prime abord, une copie du film The Tango Lesson. Ce n’est pas Pablo Veron mais Coco Dias et ce n’est pas la quinquagénaire Sally Potter mais Valérie Brina Svit sinon l’histoire est très proche. « Si tu m’apprends à danser je ferai un film sur toi » devient « Si tu m’apprends à danser je ferai un livre sur toi » Suivent l’inévitable frénésie de tango et le non moins rituel voyage initiatique à BsAs avec ses vieux milongueros , ses taxis et ses jeunes taxi-boys. Préjugé négatif aussi sur l’auteure qui m’apparaissait un peu distante ou hautaine . Et puis enfin parce que dévoiler la profession ou donner ses impressions (pas toujours sympathiques) sur tel ou tel danseur, assez facilement reconnaissable, ne me paraissait pas être une bonne idée ( Ca, je n’ai pas changé d’avis…).
Et bien…, j’ai beaucoup aimé ce livre, modeste, généreux, plein d’humour et d’auto dérision . Un style léger qui parait simple , le propre des grands écrivains, mais en réalité extrêmement bien fait et efficace pour nous entraîner dans ses aventures. J’ai souvent été ému, souvent ri aussi. En lisant ce livre, j’ai découvert une héroine-auteure qui doute, qui jette un regard sur elle sans complaisance, presque dur, ayant plus de tendresse pour les autres que pour elle-même. Un portrait très attachant, parfois ironique, de Coco Dias mais toujours plein d’amour de l’autre, de respect et de gentillesse. L’un des meilleurs livres sur le tango que j'ai pu lire ( malgré quelques clichés ou banalités « mon tango n’est ni bon ni mauvais mais c’est le mien » C’est sûr que la même chose dite par un parisien au Latina parait tout de suite moins grandiose qu'à Buenos Aires par un vieux milongueros) mais aussi et simplement l’un des meilleurs romans que j’ai lu récemment et à qui je souhaite un très beau succés .
Lire un extraitFrançois Aulagner.
_________________
Le tango est une infinité de possible. Léopold Maréchal